Un air musical, des jeunes en mouvement, l‘association Etoile culturelle d’Akbou attend ses invités conférenciers pour entamer le sujet de la drogue et du sida devant des lycéens et collégiens ; c’est dans cette ambiance que les membres de l‘AECA (l‘Association Etoile Culturelle d’Akbou) nous ont accueillis chaleureusement marquant l’hospitalité par laquelle sont connus les villages kabyles.
Commençant ses premiers pas par l’animation musicale, un groupe de jeunes, voulant se doter d’un espace d’expression, se mettent alors en une troupe sous le nom de « troupe des étoiles » ou « firqat el noujoum » dans le début des années 90, pour ensuite élargir son champ d’intervention à plusieurs domaines (culture, santé, formation…etc.)
Ce n’est qu’en avril 1996 que la troupe des étoiles existe officiellement sous le nom de: « Étoile culturelle d’Akbou ».
« C’est une petite et grande association ; petite car elle est locale, grande car elle est impersonnelle, son niveau d’intervention dépasse le cadre local, on l’a souvent comparée à une pieuvre dont chaque tentacule touche un champ d’intervention à part » explique Chikh Madjid, comme l’appellent tous, secrétaire général de l’association.
La maison de jeunes d’Akbou, en collaboration avec l’AECA, respire de la jeunesse et du dynamisme dans tous ses locaux. L’AECA a su ouvrir ses portes à tous les talents ; dessin, chant, poésie, théâtre, littérature…etc. la culture et l’animation est le tableau admiré au quotidien à la maison de jeunes d’Akbou, un tableau peint par des associations mises en place.
C’est un rituel qu’elle s’est faite, étant contre l’oubli, l’AECA a rendu plusieurs hommages à des femmes et hommes de la culture, de la littérature… (Taous Amrouche, Si muh Umhand…), le dernier a été rendu au chanteur et poète kabyle Lounis Ait Menguelet en 2007, par une semaine d’activités ; concours de poésie, de musique (en toutes langues) ; pour l’AECA la culture n’a pas de frontière ni de nationalité. Cet événement a regroupé plus de 120 exposants et 730 participants venus des quatre coins de l’Algérie.
Ne pouvant rester indifférente aux fléaux du siècle (drogue, sida…) touchant aussi notre pays, l’AECA étale sa tentacule d’intervention contre la drogue et le sida par le moyen sportif, du 25 eu 29 juin 2006, en collaboration avec différents clubs sportifs du pays, met le sport au service de la lutte contre le sida et la drogue en lançant le « tour de l’espoir contre le sida la drogue » ; le tour a rassemblé, durant une semaine, plus de 200 personnes dont 89 cyclistes. Le trajet du tour a été de 5000 Km démarrant d’Akbou, passant par BBA, Sétif, Bougie, Tizi Ouzou, Boumerdes pour finir à Alger. Ce tour se voulait un moyen de sensibilisation et surtout d’espoir.
Depuis lors, l’AECA mène au quotidien des compagnes de sensibilisation à travers un réseau de lutte contre le sida appelé « le réseau de l’espoir » contenant une cinquantaine d’associations ; cette compagne est répandue sur tous les niveaux ; les écoles, les salons de coiffure, les lieux pénitentiaires…etc, et chaque été, une session « info plage » est organisée où une équipe de l’AECA sillonne les plages pour une compagne de sensibilisation.
Le projet est financé par le fonds mondial de lutte contre le sida et le MJS (ministère de la jeunesse et des sports).
Notons qu’un gala au bénéfice des sidéens a été annulé à la dernière minute par cause de l’indisponibilité de salles.
N’arrêtant guère sa réflexion et sa dynamique autour de la jeunesse et leur avenir en termes de formations et orientations, l’AECA mène depuis déjà 5 ans le projet « école du jeune citoyen » qui démarre en 2002, le projet est soutenu par l’association française des migrants. L’école du jeune citoyen est destinée à l’accompagnement des enfants déscolarisés en leur assurant une formation selon leur orientation jusqu’à obtention du bac ou leur « injection » dans des centres de formations professionnelles, publiques ou privés avec lesquels l’association collabore.
L’école dispense aussi des cours d’alphabétisation, elle compte aujourd’hui 3 sections du total de 90 inscrits (jeunes, moins jeunes, et personnes d’âge avancé) et trois éducatrices.
« Chaque enfant qui réussit est une victoire pour tous ; Hjila a 36 ans, ancienne de notre école, elle vient de soutenir son mémoire de fin d’études. Cette école est notre fierté » commente Ben Aoudia Madjid, secrétaire général de l’association.
« Nous avons nos valeurs, nos principes qu’on fait avancer, mais nous sommes contre l’exclusion, c’est pour cela qu’on consacre plus de temps à cette école » ajoute Mr Mouloud Salhi, président de l’AECA.
Actuellement une classe de 40 élèves est mise en place pour suivre des cours sur l’environnement, surnommée « la classe verte ». Un projet dans cette optique est en cours de réalisation, projet de l’éducation à la préservation des parcs naturels, soutenu par Euromed jeunesse.
En 2004, après le séisme qui a secoué la wilaya de Boumerdes, et en solidarité avec ses habitants, l’AECA a organisé deux sessions de camp de vacances pour les enfants de Boumerdes.
L’AECA compte 250 adhérents, son projet principal en perspective est de pérenniser l’école du jeune citoyen, et disposant de moyens en matière de compétences et de talents, elle compte passer au niveau production touchant toutes les franges et tous les domaines ( théâtre, musique, films…) en pensant aussi à l’enfance.
C’est ainsi que la spirale d’activités et d’animations est maintenue au sein de l’AECA car comme dit son président : « si on ne peut pas aller plus loin, il ne faut surtout pas régresser ». |